6. Moyens

Les moyens sont tout ce qui permet à une institution de fonctionner. Il y a bien sûr les moyens financiers, mais aussi les outils d’usage général, à l’heure actuelle principalement informatiques. Sans oublier bien sûr les éléments essentiels que sont les ressources humaines, l’immobilier ou les équipements de recherche, qui seront examinés plus bas dans des sections spécifiques.

Les finances

Les finances sont de fait un « moyen », pas un objectif en soi. On ne gère pas pour arriver à l’équilibre financier, on gère pour atteindre des objectifs et on se préoccupe de l’équilibre financier parce qu’il contraint les actions et projets possibles. Ces prémisses étant posées, l’analyse des finances se décline naturellement en revenus et dépenses.

Pour ce qui est des revenus, l’Université est largement dépendante pour ses moyens de base de la loi de financement. Cette loi a ses absurdités bien connues, à commencer par le principe de l’enveloppe fermée qui ne tient pas compte de la croissance du nombre d’étudiants dans les universités et pousse à une concurrence inutilement féroce. Cette loi sera revue à terme, ce qui suscite angoisses et spéculations par rapport aux nouveaux critères qui seraient appliqués.

Je trouve qu’il est beaucoup plus constructif de militer conjointement avec les autres universités francophones pour des règles de financement qui sortent de l’incroyable complexité du modèle actuel et assurent à chaque université un minimum de stabilité, sans que les gains marginaux de l’un soient les pertes de l’autre.

Le réalisme politique fait d’ailleurs que, lorsque les ajustements prévus créent une situation ingérable pour certaines institutions, des aménagements sont prévus, avec une croissance concomitante de la complexité des règles. Le combat pour une approche plus rationnelle, étayée par des propositions bien construites, est à mener avec force et je suis convaincu qu’il aboutira.

Il ne faut surtout pas négliger que près de la moitié des revenus de l’Université proviennent de financements directs de la recherche, de la réduction de précompte professionnel accordée par le fédéral, d’activités de prestations et, dans une nettement moindre mesure, de partenariats avec des entreprises. Dans ces catégories, une croissance est certainement possible ; des mesures additionnelles de soutien à ceux qui se lancent dans la recherche de financements, notamment européens, seraient clairement un investissement rentable.

Concernant les dépenses, les analyses qui en sont maintenant réalisées manquent singulièrement de clarté et se focalisent parfois sur des questions sans grande importance. Par exemple, en ce qui concerne le personnel, on raisonne tantôt en coûts, tantôt en postes, le lien entre les deux étant … variable. Les coûts totaux des différentes catégories de personnel sont connus avec précision, mais nulle trace dans la comptabilité de ce que coûte un département ou une administration. Par contre, on s’échine à séparer le coût de la recherche de celui de l’enseignement, alors que pour l’essentiel il s’agit du coût salarial de personnes qui cumulent les deux activités dans des proportions diverses dont l’évaluation est une approximation arbitraire. Même si cela a un certain intérêt pour présenter l’activité de l’Université, cela en a très peu pour sa gestion.

Par contre, une comptabilité analytique qui rendrait visible le coût de chaque entité et donnerait une vue de son évolution future serait du plus grand intérêt pour déterminer là où il faut économiser, ou accroître les moyens, tout en permettant, en toute clarté, une marge de manœuvre accrue au niveau des facultés et départements.</div >

Outils et infrastructures

Travailler agréablement et efficacement dépend assez crucialement des outils dont on dispose. À l’heure actuelle, ceux-ci sont en bonne partie informatiques. L’Université a une très bonne infrastructure informatique fournissant les services de base en matière de réseau, de courriel et de stockage. Les outils de gestion de la vie académique (étudiants, programme de cours, …) sont présents, mais souffrent d’un certain sous-investissement et de la course aux mises à jour imposées par le flot de décrets régissant la vie universitaire. Ici, comme dans d’autres domaines tels que la gestion des projets de recherche, des progrès sont à faire. Il est d’ailleurs symptomatique que des solutions partielles et locales sont développées alors que le besoin est général.

J’organiserai une meilleure coordination des ressources informatiques disponibles et un dialogue mieux organisé sur les besoins et leurs priorités, ce qui permettra d’éviter les efforts dupliqués et d’aller plus vite de l’avant au bénéfice de tous.

Ceci est d’autant plus important que les quatre campus de l’Université sont distants. Ce sont en effet les outils informatiques et de communication qui permettront aux étudiants, aux enseignants, mais aussi à l’ensemble de la communauté universitaire d’interagir dans le cadre de leurs activités de recherche et d’enseignement, en épargnant aussi bien leur propre temps que l’environnement.