10. Enseignement

L’enseignement universitaire ne doit pas se contenter de transmettre des savoirs. Les étudiants que nous formons aujourd’hui vivront dans un monde où les connaissances, les technologies, l’organisation de la société seront toutes en évolution rapide. Non seulement nous voulons qu’ils puissent s’y adapter, mais aussi qu’ils soient les acteurs des transformations, mettant en œuvre leurs compétences tout en se référant à des valeurs bien intégrées.

L’enseignement universitaire convient particulièrement bien pour faire face à ce défi.  En effet, par son lien fort à la recherche, ainsi qu’à la société qu’elle essaie régulièrement d’éclairer sur les questions les plus diverses, l’université peut élaborer une vision à moyen et long terme des besoins qui émergent, dans toutes les disciplines. Ces liens insufflent également les capacités l’adaptabilité, d’agilité cognitive, de créativité, d’analyse et de communication qui seront nécessaires dans les métiers futurs. Ainsi, nous voulons former des étudiants capables de se construire une pensée critique, de développer une réflexion éthique, et de montrer du discernement face à la masse d’informations. La concrétisation de cet objectif implique d’offrir à nos étudiants les contextes et méthodes d’apprentissage adaptés et de travailler à la bonne organisation et gestion de notre activité d’enseignement.

Contextes d’apprentissage

Donner du sens à un cursus, c’est trouver la cohérence d’un regroupement de cours dans une option, dans un programme. Aujourd’hui, on le formalise dans les engagements pédagogiques et des « acquis d’apprentissage » souvent très peu parlants. Les témoignages d’anciens étudiants apportent souvent bien plus de sens. Cela se fait dans certaines facultés et nous voulons en généraliser la pratique. Les activités touchant au concret, comme les projets intégrés des ingénieurs, les « moot courts » des juristes ou les stages en contact avec les professionnels du terrain aident aussi les étudiants à donner un sens à leur formation : c’est un axe que nous voulons davantage développer.

Définir son parcours, pour beaucoup d’étudiants, fait penser aux affres du début d’année et de l’élaboration du PAE (Programme Annuel de l’Etudiant). Le décret Paysage offre à l’étudiant la possibilité d’adapter son parcours. Si certains étudiants viennent avec un objectif professionnel clair, beaucoup arrivent à l’université sans choix fixé et vivent leur première année comme une période d’expérimentation.

Il faut permettre des changements de trajectoire, mais surtout offrir un coaching pour que les cursus gardent de la cohérence et du sens et que des pièces indispensables de la formation ne soient pas laissées à la traîne.

Les méthodes d’apprentissage se diversifient : cours classiques, enregistrements en podcast, classes inversées, MOOC, projets collaboratifs, outils de simulation et de réalité virtuelle, … Ces innovations peuvent venir compléter efficacement la formation, elles peuvent aider à la compréhension et faciliter l’acquisition. Nous voulons continuer à développer ces nouveaux outils d’apprentissage, en permettant aux enseignants de choisir ceux qui leur conviennent le mieux par rapport aux contenus et au contexte d’apprentissage. Mais ne faisons pas de l’innovation une contrainte ou une panacée ; le nombre d’outils « novateurs » ne doit pas servir de critère pour évaluer la qualité d’un enseignement.

Des lieux partagés et agréables de travail : les étudiants sont demandeurs d’environnements pourvus de ressources modernes et permettant d’être en contact et d’échanger. Des efforts ont déjà été faits dans ce sens, ils sont à amplifier notamment avec la mise en place de « learning centers » qui permettent à la fois le travail individuel et collaboratif.

Dans la même perspective, le parrainage et le coaching d’étudiants par d’autres étudiants ne sont pas assez soutenus dans notre Institution. Nous souhaitons renforcer les initiatives qui vont dans ce sens et faciliter leur généralisation.

L’internationalisation de nos formations à travers le développement d’accords d’échange ERASMUS, de Master en anglais et d’accueil d’étudiants internationaux participe à la multiculturalité de notre Institution et doit encore être renforcée. Un séjour hors de l’Université de Liège pendant les études devrait davantage faire partie du parcours de l’étudiant.

Au niveau administratif, il ne faut pas que des outils de gestion, ou la nécessité d’un accord formel soient bloquants.  L’étudiant doit disposer de son PAE rapidement après le début des cours, même si la validation définitive et exceptionnellement des corrections auront lieu par la suite.

Ceci permettra aux enseignants et aux apparitorats de mieux gérer les ressources nécessaires à l’organisation des cours (TP, supports). Le même principe doit évidemment s’appliquer également au processus d’inscription. Un dossier en cours de finalisation ne doit pas empêcher l’étudiant de commencer son cursus !

Gestion et organisation

Le nombre d’instances et d’organes s’occupant de l’enseignement n’a cessé d’augmenter : Facultés, Conseils des études, Départements, Conseils Sectoriels à l’Enseignement et la Formation, Conseil Universitaire,… C’est beaucoup et nous pensons que c’est trop.

La triangulation Conseils des Etudes, Facultés et Départements a longtemps bien fonctionné ; elle nous semble suffisante, les Conseils Sectoriels étant superflus.

Toutefois, un lieu transversal de débats, d’échanges et de coordination réunissant les onze Facultés (Vice-Doyens à l’enseignement des facultés) est nécessaire pour favoriser l’interdisciplinarité et maintenir une cohérence au niveau de l’Université.

La grille d’évaluation des enseignants sur laquelle se basent aujourd’hui les Conseils Sectoriels ne nous paraît pas appropriée. Comme indiqué plus haut, nous souhaitons ramener l’évaluation de la qualité des enseignants au niveau des facultés et revoir, en concertation, les critères d’évaluation.

Notre Institution dispose déjà de nombreux outils qui aident à la gestion et à l’amélioration continue des enseignements. L’IFRES joue un rôle positif de formation et de lieu d’échanges pour les assistants et les jeunes enseignants. EVALENS donne la parole aux étudiants et constitue un feedback utile pour l’enseignant. D’autres outils informatiques, comme des applications interactives, permettront bientôt d’adapter et de diversifier les possibilités d’évaluer pour l’enseignant, mais aussi pour l’étudiant.

Les évaluations de l’AEQES offrent aux filières un moment d’auto-analyse et de réflexion nécessaire; elles sont néanmoins souvent perçues comme contraignantes et lourdes à gérer. Le support offert par le SMAQ permettra à l’avenir que nos évaluations de l’enseignement soient entièrement organisées au sein de l’Institution, ce qui les rendra moins chronophages