Bien-être au travail, plaisir au travail : Comment c’est possible ( par A.-S. Nyssen)

Bien-être au travail… souffrance au travail… des mots que nous avons beaucoup entendus ces derniers mois lors des débats électoraux. Un constat se dégage : le sentiment de ne plus pouvoir bien faire son travail et la perte de confiance ont progressé au sein de notre Institution, les exigences de rendement augmentent et la solidarité s’affaiblit. 

Mais qu’est-ce qui nous procure du plaisir au travail? Quand je pose la question aux étudiants ou à mes collègues, les réponses sont multiples. Mais des conditions essentielles émergent : la reconnaissance et la valorisation, la communication et les échanges dans le respect, les relations de confiance avec les collègues, des environnements agréables et adaptés, une certaine stabilité, le temps de bien faire son travail, la possibilité de lui donner du sens, la contribution à un projet collectif.

La gestion que nous avons connue ces dernières années a mis l’accent sur l’évaluation: évaluation des compétences, de la recherche, de l’enseignement, de la qualité. Avec comme corollaire une augmentation massive des règles d’action et de contrôle, la montée du stress et de la compétition, et un sentiment de méfiance au sein des administrations et des facultés. Si l’évaluation est utile pour pouvoir se situer, elle ne doit pas être une fin en soi, et elle doit être accompagnée des moyens de formation et de soutien nécessaires pour progresser !

Il existe d’autres modèles que cette mise sous tension permanente en matière de gestion. L’approche par le plaisir par exemple se centre sur l’exploration et la mobilisation des activités qui, dans le cadre du travail, ont été réalisées avec plaisir, ce qui mène à l’augmentation de la motivation et de la confiance, et au succès. Elle nous incite à nous questionner sur ce qui fait sens dans notre travail, nous invite à revoir les règles de travail dans le cadre d’une approche participative, nous permet d’envisager autrement l’affectation des missions en cherchant à rapprocher les activités nécessaires au fonctionnement de l’organisation avec les appétences des individus, et cela dans la transparence. On peut ainsi explorer de nouvelles passerelles pour l’évolution des carrières et identifier de nouveaux besoins en formation continue dans une logique de soutien aux personnes. C’est de ce type d’approche que je souhaite m’inspirer pour développer au sein de l’Université de Liège, avec l’aide des services concernés, une autre manière de marcher, ensemble, vers la pluralité des excellences.

Le Bien-être au travail, c’est aussi le respect de l’intégrité et de la liberté, des valeurs portées très haut par Pierre Wolper dans son programme. En tant que psychologue et dans le cadre de mes fonctions à l’Université, j’ai souvent reçu des témoignages qui confirment ce que nous savons depuis plusieurs années : il existe au sein de notre Institution, comme ailleurs, des comportements déplacés, discriminatoires, voire violents. Ces comportements sont multiformes : un geste, une parole, une rumeur propagée; ils  peuvent être le fait d’une maladresse  communicationnelle ou parfois relever du harcèlement moral ou sexuel, ou encore d’attitudes discriminatoires. Quelque soit leur forme, ils peuvent être dévastateurs, produire de la souffrance, propager la peur, ou conduire aux conflits. Une de nos priorités est d’entamer sans délai un travail avec les acteurs de terrain pour mettre en place une politique de prévention et de lutte contre la violence et toute autre forme d’agressivité au travail. Nous mettrons en place une mission de médiation pour permettre à toute personne de l’Université d’évoquer un situation de tension avec son environnement institutionnel en ayant la certitude de la confidentialité.

 Anne Sophie Nyssen

 

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