La démocratie des idées : manifeste pour un renouveau de l’Université de Liège

Expression que j’ai récemment découverte lors d’une conférence sur la transformation des organisations, « la démocratie des idées » évoque avec une élégante simplicité une vision à laquelle je souscris : les idées s’expriment, se font concurrence et celles qui convainquent le plus sont choisies, menant au progrès.

Vu de l’extérieur, la confrontation des idées, parfois à l’excès, paraît être la norme dans le monde universitaire. Ce l’est largement dans la recherche, bien qu’il faut reconnaître que, de tous temps, les idées en rupture avec la pensée dominante ont toujours exigé temps et persévérance pour s’imposer. En est-il de même dans la gestion de notre université ? A première vue, certainement : il y a même pléthore d’assemblées délibératives à la composition savamment dosée pour que chaque composante de la communauté universitaire y soit adéquatement représentée. La réalité est pourtant que débat, il n’y a presque pas.

Mon analyse est que cela est dû à une déférence craintive à l’autorité amplifiée par un contexte de pénurie chronique des moyens. Trop souvent, avant de s’exprimer dans une de nos assemblées, on pense aux moyens financiers ou humains que l’on essaie de ne pas perdre, à la promotion que l’on désire, aux examens que l’on doit réussir, ou encore à la fonction que l’on brigue. Dans cet état d’esprit, la peur de déplaire à l’autorité prend le pas sur l’expression ouverte de divergences d’opinions, même solidement motivées et constructives.

Le silence n’est pas total et j’espère faire partie de ceux qui s’expriment et prennent position dans le but de faire progresser notre université. Je n’y vois aucun mérite, mais c’est peut-être inconséquent. Un membre du conseil d’administration de l’Université me disait après que je fus intervenu lors de la présentation d’options stratégiques : « je suis d’accord avec toi, mais je ne peux pas le dire ». Sa préoccupation n’était pas personnelle, mais clairement la crainte de nuire à l’entité à laquelle il est associé. Ce sont des mots que je n’arrive pas à oublier.

Nos structures de gouvernance sont affaiblies par le manque de débats ouverts, et cela nuit gravement à l’Université. On pourrait tout revoir, mais les grands chantiers ont une fâcheuse tendance à s’éterniser et le problème est immédiat. Alors pour cette 201e année de l’Université de Liège, j’ai choisi de m’exprimer librement et régulièrement sur ce blog à propos de questions centrales de politique universitaire. J’espère être lu, mais surtout contribuer à relancer le débat. L’Université de Liège est face à de nombreux défis et, en cette année charnière, ne pourra les relever sans remises en cause et émergence d’une vision construite dans l’échange. Vive la démocratie des idées !

 

The only thing we have to fear is…fear itself. F.D. Roosevelt

 

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